Psychologie | Prendre en charge une victime de viol

Nos sociétés africaines dans leur majorité ont crée une image de la femme type, reléguée au simple rang de compagne, de personne assistée sensée être muette face au diktat du phallus. Cette conception archaïque de la femme fait que le viol paraît souvent comme un acte banal qu’on peut régler à l’amiable, en épargnant au bourreau la force de la loi. Cependant, la victime livrée à elle-même vit avec ce poids sur la conscience, engendrant diverses conséquences.

 

L’impact du viol sur la santé mentale  

Le viol se définit comme tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise. Il reste une situation qui conduit la victime à une crise identitaire vis-à-vis d’elle-même en influençant considérablement sa perception de la vie, sa confiance en soi, son estime de soi, sa vie sociale, familiale et professionnelle. Il crée en elle un certain nombre de souffrances psychologiques et physiques. La victime garde pendant longtemps un souvenir traumatique de son viol qui lui revient très souvent sous forme de flashback.
Elle est une personne qui a besoin de se reconstruire, de remodeler son identité et de se libérer du poids de ce qui lui est arrivé. Il devient donc important pour son entourage de mieux concentrer leurs efforts pour l’accompagner à un mieux être et l’encourager à dénoncer le bourreau quelque soit son statut ou son titre et à rencontrer un spécialiste voir un Psychologue ou un Psychiatre pour en parler pour bénéficier d’une  meilleure prise en charge.


Dans cet article, nous parlerons beaucoup plus de l’accompagnement de la victime à un mieux être social et psychologique pour qu’elle reprenne goût à la vie.


L’aide de l’entourage

L’entourage constitue le premier secours de la victime. Sa première action est de protéger la victime en l’éloignant de l’endroit où le viol à eu lieu et l’assister pour éviter qu’elle commette l’irréparable.
Ensuite, l’entourage ne doit pas immédiatement assaillir la victime de questions sur l’instant, il doit permettre à la victime de se libérer, généralement par les pleurs (La laisser pleurer vraiment en lui remontant le moral), par la colère, lui donner un objet en mousse ou en plastique qu’elle pourra serrer avec force dans les bras ou les jeter pour libérer sa colère.
Une fois la victime revenue à elle-même, la rassurer que tous ce qu’elle a pu ressentir, c’est-à-dire la terreur, la peur, la sensation de mort, la dissociation etc… est dû au choc qu’elle a reçu et que ces réactions sont normales et l’amener à déculpabiliser. Puis, lui permettre de s’exprimer librement en l’écoutant activement et avec son accord l’emmener voir un Médecin puis un Psychologue.
Les proches des victimes doivent eux aussi se faire accompagner par un spécialiste pour éviter que le viol de leur amie ou sœur ne les affecte émotionnellement et pour qu’ils soient aussi efficaces dans le soutien de la victime. Aussi, pour faire respecter la loi et éviter que le coupable commette d’autres forfaits, il faudra saisir la police ou le Procureur de la République pour que justice soit faite.

©Chayene Rafaela / Unsplash

 

La Victime

Pendant le viol, la victime vit une situation traumatisante. Elle peut très souvent raconter son histoire en omettant volontairement certains détails qui pour Elles font honte et qui pourraient amener les autres à désormais la regarder autrement, comme par exemple cacher les circonstances réelles du viol, cacher l’identité du violeur surtout si celui est un parent proche (un cousin, un oncle etc…). Elle gardera donc ces morceaux d’histoires non révélées pendant de longues qui créeront des blocages dans sa vie.
Pour se débarrasser de ces blocages, la victime doit pouvoir en parler à une personne de confiance, à un Psychologue, un Psychiatre ou à défaut un Médecin. Il s’agira pour Elle de libérer son esprit de ce petit microbe qui la ronge de l’intérieur. Elle doit comprendre que la vie est ensemble d’épreuves qui nous forgent et nous rendent plus aguerris pour mieux surmonter les problèmes de vie. Il doit donc fouetter notre orgueil et nous pousser à réussir notre vie, ce sera la plus belle vengeance sur notre passée sombre. Elle doit lever les barricades qui confinent son épanouissement et vivre vraiment.

 

Le thérapeute

Son rôle est d’aider la victime à se récupérer, à relativiser, à accepter la situation, à la surmonter, à la dompter et vivre libre de toutes les émotions liées à cet évènement malheureux.
Il a des méthodes de prise en charge et de suivi psychologiques qui lui sont propres et qui lui permettront d’atteindre ses objectifs décrits plus haut.

 

Etre victime de viol n’est pas une fatalité encore moins un poids permanent. Il faut accepter de se faire aider par les proches et les spécialistes pour mieux surmonter cette étape de la vie et avancer fièrement en ayant le sentiment que si on est toujours en vie, c’est qu’il y a de grandes portions de bonheur qui nous sont réservées.

 

À découvrir: Bien être | S’aimer et prendre soin de soi…

 

 

Nour BAKAYOKO
Psychologue – Psychothérapeute, Conférencier, Consultant.

Domaines d’intervention :

– VBG (Les violences basées sur le genre)
– Thérapie de couple
– Thérapie Familiale
– Éducation sexuelle
– Addictions (Stupéfiants, sexe, cyberdépendance)
– Entrepreneuriat
– Orientation Scolaire et Professionnelle
– Développement (im)personnel (Motivation, leadership, PNL, Management)

Une pensée sur “Psychologie | Prendre en charge une victime de viol

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